LES CONFESSIONS DU MINISTRE ALIOU SOW: «Je ne suis pas un aventurier du divorce»

LES CONFESSIONS DU MINISTRE ALIOU SOW: «Je ne suis pas un aventurier du divorce»

L’ancien ministre de la Jeunesse Aliou Sow a accordé une interview au quotidien l’Observateur parue dans l’édition du 5 octobre 2017. En voici quelques extraits :

Sur un registre plus personnel, votre récent divorce d’avec Marie Lô, la fille du célèbre chanteur Ismaïla Lô et le remariage avec l’avocate Marie Wade, ont fait les choux gras de la presse. Comment avez-vous vécu tout cela?

Ma conviction profonde est qu’on ne se marie pas pour divorcer. Le mariage est extrêmement important à mes yeux. Je suis un militant du mariage, je le célèbre. Le mariage a une sacralité dans la vie en société, de surcroît moi, je suis musulman. La religion n’accepte aucune autre relation homme et femme, sur le plan sentimental, en dehors du mariage. Je suis un homme public et connu. Ne serait-ce que pour mes jeunes-frères qui doivent me voir, m’admirer ou me haïr, je dois montrer le bon exemple, en vivant dans la légitimité et la légalité, en étant loin des relations informelles.Très jeune, j’ai rêvé de fonder un foyer stable. A 26 ans, je me suis marié et librement, j’ai choisi le régime de la monogamie qui me suivra d’ailleurs, toute ma vie. Au Sénégal, dès que vous choisissez la monogamie, c’est applicable pour toujours. J’ai également choisi la communauté de biens. Mon premier mariage a duré 11 années, je pense que c’est assez consistant pour prouver que l’on croit à l’institution. Dieu a décidé que cela devait prendre fin, c’est arrivé. Je pouvais rester bon célibataire profitant de la vie, mais je crois au mariage. je me suis remarié et, de ce mariage, j’ai eu ma fille, Balquis Sow, une fille adorable. Je ne remercierai jamais assez, en dehors du ciel, ceux qui m’ont donné en union sa mère et sa mère, elle-même. Par respect pour ma fille, ma belle-famille à qui, je n’ai aucun reproche à faire, qui a été d’une grande affection et d’une amitié sans rides avec moi, je tairai les raisons qui m’ont poussé à mettre fin à notre couple. Je n’ai jamais voulu me prononcer là-dessus et je ne le ferai jamais. Je n’accepterai pas qu’un jour, ma fille soit gênée par mon comportement ou quelque chose que j’aurais pu dire. Je suis resté tranquille dans mon coin, menant mes activités étatiques, politiques et académiques, pendant presqu’un an, cherchant femme…
Vous cherchiez femme?

Absolument ! Je suis un homme qui aime me marier, être en couple légalement, être dans ce que la religion et la loi encouragent.

En voulant trouver à tout prix, ne risquez-vous pas de vous jeter dans les bras de la première venue?

Quand je cherche, c’est mon cœur qui cherche. Je ne fais pas comme les chercheurs d’or qui creusent partout. J’écoute mon cœur et il faut d’abord aimer pour parler de sentiments. J’ai aimé une compatriote très sérieusement et qui m’a aimé en retour, sans grand bruit. Ce qui est du devoir de l’homme, je l’ai fait. Je suis allé rencontrer ses parents. Par la suite, j’ai envoyé mes parents et mes amis les rencontrer, comme il est de coutume chez nous. Auparavant, nous avons confirmé aux uns et aux autres, notre désir ardent de faire notre vie ensemble. Ceci a été fait, sans tambours, ni trompettes. Notre union a été scellée et je profite de l’occasion pour solliciter les prières des Sénégalais et de tous ceux qui souhaitent du bien. Que ce mariage soit le dernier et que cette dame m’enterre. Je ferais tout ce que je peux pour être un bon mari, comme dans le passé, qui respecte sa dame, qui lui prouve affection et partage tout avec elle. Je vais aussi tirer profit, de mes expériences passées. Je ne suis pas parfait et s’il y a divorce, la responsabilité est partagée entre les conjoints.

Après trois mariages et deux divorces, n’avez-vous pas un sentiment d’échec?

Évidemment, car je crois trop au mariage. Je suis un idéaliste du mariage. Un seul divorce pour moi est un échec personnel. J’ai ma part de responsabilité, bien entendu, quels que soient les contours du divorce. C’est l’homme qui demande femme, quoi qu’il arrive. Si je demande femme, pour ensuite me séparer d’elle, c’est en soi, un aveu d’échec. J’ai échoué dans le cadre de mon choix qui devait rester éternel. Je suis humain, j’assume ma part de responsabilité. Mais, ceux qui me connaissent réellement, vous diront que je suis un bon mari.

Vous n’êtes juste pas chanceux en amour…

Dieu m’a facilité beaucoup de choses dans la vie. Il a voulu que je divorce deux fois, même si dans mon monde, si vous faites une petite comparaison, vous en verrez qui divorcent tous les trois ans et on n’en parle pas. Je me demande pourquoi mes affaires privées sont relayées avec fracas. J’ai tout fait pour couvrir ma relation et jusqu’au jour du mariage, rien n’a filtré. Mais, l’Islam encourage le fait de rendre public à la Oummah, le mariage célébré. Je n’ai rien fait pour ça, mais je ne peux pas être contre.

Qu’attendez-vous de ce mariage?

Tout ! Mes parents sont décédés, je n’ai ni grand frère, ni grande sœur, je suis l’aîné de la fratrie. Je sais ce que vaut une femme dans ma vie. Je peux m’occuper de tous les autres combats, si une femme peut me procurer de la stabilité et équilibre. Pour le reste, j’ai le coffre, le courage et l’endurance qu’il faut. Je n’ai peur d’aucune adversité. Toutefois, comme disait un ami, j’ai l’amour d’un paysan, lorsque je m’attache, c’est sans limites, quand je renonce, c’est définitif. D’ailleurs, c’est pourquoi je ne renonce pas facilement, il me faut passer par tout un processus pour renoncer. Ce que j’attends d’une dame, ce n’est pas grand-chose. En revanche, je suis gourmand d’affection, d’amour, mais surtout de loyauté. Je ne cherche pas à être César. On disait qu’il ne suffisait pas d’être la femme de César, d’être vertueuse, mais d’être au-dessus de tout soupçon. Je ne cherche pas cela, mais plus cela s’en rapproche, mieux cela me va, mieux je serai fort et combatif. J’ai envie d’être un mari modèle, dont la dame et ses parents seront fiers. J’ai envie d’avoir enfin la preuve, que j’ai croisé la bonne personne et c’est ma conviction. Quels que soient ses avoirs et ses avantages, on est en errance. Tant qu’on n’a pas trouvé sa douce moitié, on est en manque grave. Cette notion d’âme sœur n’est pas qu’une vue de l’esprit, c’est une réalité très têtue. Mais je pense que je l’ai trouvée à présent. Priez pour moi.

Que pouvez-vous nous dire sur Marie Wade et comment avez-vous su qu’elle était la personne qu’il vous fallait?

Mon cœur et mon intuition. J’ai observé les signaux et symboles. J’évalue et au delà de tout, je mets le cœur dans la tête. J’accepte même d’être naïf. Pour vous parler d’elle, je risque d’écrire un livre. Je prie qu’Allah la préserve, fasse d’elle ma femme et de moi, son mari. Parce qu’une femme peut être bonne et devenir mauvaise dans son foyer, vice-versa. Je ne suis pas un aventurier du divorce. Pour rien, je ne perdrai la faculté d’aimer, d’admirer, de m’attacher et d’être l’homme d’une dame. Quoi que cela puisse me coûter, je resterai un homme qui aime. Je ne sors pas avec une personne que j’ai connue, pendant mon ménage. Je ne collectionne pas les femmes non plus. C’est l’occasion de dire que je n’ai qu’une seule épouse. Que notre compatibilité soit éternelle…
L’Obs

Categories: OPINION

About Author