RIDICULE

RIDICULE
La République a mal de ses serviteurs, surtout ces nouveaux arrivants qui n’ont été formatés ni à l’Enfom, ni à l’Enam, ni à l’Ena ou ne serait-ce qu’au Cfpa. Pour dire que l’État a toujours formé sa haute hiérarchie pour un service impeccable. Or, ce qui se voit aujourd’hui, lors des passations de service dans les départements ministériels, est des plus désolants, disons même des plus désopilants. Et comme le ridicule ne tue plus sous nos cieux, le folklore prend le dessus sur la solennité, avec ces thuriféraires rassemblés pour changer la gloire… d’un asservi. En effet, le ministre, contrairement au magistrat qui tient son pouvoir de la loi, ne détient qu’une petite portion d’un pouvoir délégué, pourvu simplement qu’il le sache et qu’il en soit conscient. Ce qui est loin d’être le cas, surtout aujourd’hui. Aussi, on a l’impression que tout dégringole, avec une dépréciation dangereuse de la fonction étatique, ravalée au rang de sucette à distribuer à une clientèle politique. En tout état de cause, ce qui s’est passé hier au ministère de la Jeunesse renseigne sur le peu de cas que le pouvoir fait de cet instant important de la passation de service.

Waa Ji (Les Echos)

Categories: LE DOIGT SUR LA PLAIE
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