DÉCÈS D’ALIOU SOW, PATRON DE CSE: Le Sénégal perd l’un de ses plus illustres fils et capitaines d’industrie

DÉCÈS D’ALIOU SOW, PATRON DE CSE: Le Sénégal perd l’un de ses plus illustres fils et capitaines d’industrie

Aliou Sow n’est plus ! Le pionnier sénégalais du secteur des Btp, qui a dirigé avec succès la Compagnie sahélienne d’entreprises (Cse), laisse derrière lui un immense empire. D’un de nos plus illustres compatriotes, on retiendra son sens du travail et des affaires, mais aussi et surtout sa générosité et sa discrétion.

La Compagnie sahélienne d’entreprises (Cse) a perdu son fondateur. Aliou Sow s’est éteint à Paris à l’âge de 83 ans. Une grosse perte pour le Sénégal, dont il était parmi les plus illustres fils. Pionnier dans le secteur des Btp, il s’est forgé une réputation à force de travail et de détermination. «Au début, j’ai porté des briques, des sacs de ciment. (…). Parfois je me rendais dans les chantiers à 3h du matin pour constater l’état d’avancement», soulignait-il dans un entretien avec Canal+. Depuis lors, la Cse, née en 1970, (au début, Compagnie sénégalaise des entreprises, avec 45% des parts détenues par les Français de Fougerolles), et dont il a pris les commandes en 1976, a fait des pas de géant. Très vite, Aliou Ardo Sow étend la renommée de l’entreprise hors des frontières du Sénégal (Gambie, Mali, Côte d’ivoire, Burkina Faso…). Mieux, il se diversifie, en investissant dans le secteur bancaire, avec la prise de 66% des parts à la Banque sénégalo-tunisienne (Bst). Parts qu’il va revendre à prix d’or aux Marocains du groupe Attijariwafa Bank.
Des Btp, il a étendu également ses activités à l’immobilier. Secteur où, en dehors de ses activités privées, il a fait beaucoup dans le social. Beaucoup de Sénégalais, surtout parmi ses employés, ont pu avoir un toit grâce à lui. De la même manière, il a construit beaucoup de mosquées à travers le pays. Et à chaque fois, la discrétion était le maître mot dans ses actions caritatives et sociales. Une discrétion qui surprenait plus d’un, pour un homme qui était à la tête d’une fortune de pas moins de 350 milliards.

Des fils sur les traces du père

A la tête d’un immense groupe, transformé en Holding, comprenant en dehors de la Cse, la Société immobilière du Golf (Sig), la Société sahélienne d’équipement et de terrassement (Soseter), et la Société industrielle sahélienne de mécaniques, de matériels agricoles et de représentations (Sismar), Aliou Sow, redoutable capitaine d’industrie, peut partir tranquille. Ses enfants qui ont bien marché sur ses pas sont en mesure de tenir haut le flambeau qu’il a laissé. Déjà, en homme d’affaires averti, il avait fini de confier la gestion du Holding à son fils Oumar Sow (51 ans), qu’il a accompagné ces dernières années, en tant que Pca. Et le choix d’Oumar Sow n’est pas fortuit, si l’on sait que ce dernier s’est fait aux côtés de son père, dont il a dirigé les affaires dans d’autres pays (Mali, Guinée), avant de rentrer au pays pour prendre les commandes en tant que Président Directeur général.  La Cse en tant que telle, est dirigée par Ardo Sow, le frère cadet du Pdg,
À côté d’Oumar Sow et de son frère cadet, il y a son frère Yérim, le plus connu. Ayant pris très tôt son propre chemin, avec la bénédiction de son père, notamment dans le domaine des télécommunications où, en Côte d’Ivoire, il a été propriétaire de la licence Mtn, qu’il a vendu après à prix d’or. Il est aujourd’hui à la tête du groupe Teylium. Un groupe qui est à la fois dans plusieurs secteurs aussi stratégiques et porteurs les uns que les autres : hôtellerie, immobilier, banque, énergies, industrie, agro-industrie. Pas étonnant que le dernier classement Forbes des plus grosses fortunes d’Afrique l’ait placé dans le top 25.

Mbaye Thiandoum (Les Echos)

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