ENTRE MENACES, LICENCIEMENTS ET AFFECTATIONS DE BOUGANE GUEYE : La section syndicale de DMédia dénonce les «dérives d’un nouveau riche arrogant et mesquin»

ENTRE MENACES, LICENCIEMENTS ET AFFECTATIONS DE BOUGANE GUEYE : La section syndicale de DMédia dénonce les «dérives d’un nouveau riche arrogant et mesquin»

La tension est vive au Groupe D-Média. La cause: la mise en place de la section syndicale Synpics. Prenant cette décision normale et ordinaire pour tout travailleur comme un casus belli, le promoteur du Groupe Bougane Guèye Dani a sorti le sabre. Conséquence: le journal est fermé, le personnel mis en chômage technique, les contrats de deux journalistes arrêtés, un technicien et un autre journaliste mutés dans la banlieue. Toutes choses que dénoncent la section syndicale appuyée par le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (Synpics).

Quelle mouche a piqué Bougane Guèye Dani, promoteur du Groupe de presse DMédia pour qu’il n’accepte pas l’installation d’un quelconque syndicat au sein de son groupe, alors que lui-même incitait le personnel de Walf à monter un mouvement syndical, quand il était là-bas? C’est la question que tous les professionnels des médias se posent. En effet, pour museler la section syndicale mise sur pied dans son groupe de presse récemment, Bougane Guèye n’a rien trouvé de mieux à faire que de sévir.

Paul Abraham Emmanuel Pouye: «Nos signatures ont été imitées»

Mais la section syndicale compte se battre jusqu’au bout. Dans une déclaration intitulée: «les dérives d’un nouveau riche arrogant et mesquin», Cheikh Ndong, secrétaire général de la section syndicale, est revenu sur les actes posés par Bougane Guèye pour les «museler». Dix jours après l’installation de la section syndicale Synpics, deux membres du bureau de ladite section, à savoir Paul Emmanuel Abraham Pouye et Papa Amadou Sy, respectivement porte-parole et secrétaire administratif, ont reçu une notification qui met fin à leur contrat, alors que ces derniers avaient signé en février 2017 un Cdd, après avoir bouclé un contrat d’engagement à l’essai de trois mois, renouvelable une seule fois. D’après Paul Abraham Emmanuel Pouye, les contrats qui leur ont été servis sont différents de ceux qu’ils avaient paraphés. «Nos signatures ont été imitées, afin de produire des contrats autres que ceux que nous avons signés, avec des clauses qui n’existent pas», peste-t-il. Aussi, ont-ils fustigé le fait qu’il n’y a pas de retour de contrat au groupe D-Média.

Pape Amadou Sy: «La rupture d’un contrat est tout à fait normale, mais que nos droits soient payés»

D’après Amadou Sy, victime également, ce qui leur a été servi comme cause de la rupture du contrat est très difficile à croire. «On nous a précisé que la période test n’a pas été concluante. Alors que, depuis que nous sommes à la Sen Tv, nous présentons toutes les éditions alors que certains journalistes qu’on a trouvés là-bas ne l’ont jamais fait. Nous travaillons comme de « vrais » employés», explique-t-il. La rupture d’un contrat, d’après Amadou Sy, est tout à fait normale, mais que leurs droits soient payés, c’est tout ce qu’ils souhaitent.

Cheikh Ndong: «Lors d’une réunion, Bougane clamait haut et fort qu’il a fêté son premier milliard en 2006»

Le Pdg ne s’est pas arrêté aux licenciements. En effet, il a pris la décision d’envoyer tous les employés du quotidien «La Tribune» en chômage technique «à cause de difficultés financières», alors que, quelques jours auparavant, lors d’une réunion, il clamait haut et fort qu’il a fêté son premier milliard en 2006 et qu’avec la structure qui se chargeait de l’impression du journal, il n’avait aucune dette et payait même à l’avance», selon Cheikh Ndong le secrétaire général de la section syndicale.

Ay Fall: «Nous verrons si Bougane Guèye Dani est plus citoyen ou plus Sénégalais que nous»

Ces actes consécutifs à l’installation du syndicat doivent interpeller l’Administration du travail, d’après Aly Fall, porte-parole du Synpics. «Son indifférence face à certains cas dans le milieu de la presse prouve une certaine complicité entre la structure et les patrons de presse. Il faut siffler la fin de la récréation. La presse est vraiment considérée comme un cas isolé. Et il faudrait que l’Administration du travail ait un regard sur le fonctionnement des entreprises de presse, parce que ce qui se passe au groupe D-Média n’est pas nouveau. Nous irons jusqu’au bout, et nous verrons si Bougane Guèye Dani est plus citoyen ou plus Sénégalais que nous»

Khadidjatou Diakhaté (Les Echos)

Bougane Guèye se réserve le droit d’ester en justice sur les propos haineux et diffamatoires portés à son endroit.

La Direction générale du groupe D-Média est sortie de son silence, pour apporter sa part de vérité. «S’agissant des sieurs Abraham Paul Pouye et Pape Amadou Sy, ce sont des journalistes qui, après une période de stage, ont eu à signer des contrats à durée déterminée avec une période d’essai. A la fin de leur période d’essai, nous avons mis fin à notre collaboration, comme la loi le permet. Toute la procédure en la matière a été respectée. Tous leurs droits leur ont été déjà payés. A propos de la mise sous chômage technique de La Tribune. Il est constant que ce support est déficitaire depuis son lancement. Sur la tranche 2015 à 2017, ce support a cumulé des pertes de 214 millions de F Cfa. malgré tout, le promoteur a toujours tenu à mettre les travailleurs dans d’excellentes conditions de travail», a déclaré le groupe qui dit détenir un quitus fiscal et des attestations montrant qu’il est en règle avec les institutions sociales. Et de conclure: «Par contre, M. Bougane Guèye se réserve le droit d’ester en justice sur les accusations de faux et les propos haineux et diffamatoires portés à son endroit».

Les Echos

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