EDITO : FAIRE TAIRE LES PASSIONS !

EDITO : FAIRE TAIRE LES PASSIONS !

Plus jamais qu’aujourd’hui, l’hymne à la paix du duettiste Pape et Cheikh, qui a rythmé la présidentielle de 2001,  reste d’actualité. La chanson par laquelle les deux amis invitaient les Sénégalais à ne pas faire chavirer la pirogue, « Sénégal », doit continuer de rythmer notre quotidien. Surtout en ces moments où des personnes tentent de diviser le Sénégal suite au  drame survenu au Stade Demba Diop et qui s’est soldé par huit morts et une centaine de blessés. Il convient de le dire, ici et maintenant, il n’existe pas de Ouakamois et de Mbourois. Présenter les choses ainsi constitue un grand danger pour le pays qui peine à cicatriser les blessures ouvertes par des fils de la région Sud du pays. Le Sénégal reste un et indivisible  avec des Sénégalais tout court. Ce qui s’est passé au stade Demba Diop ne doit pas scinder le pays. Et sur ce point, il revient à l’autorité de faire taire les passions tout en restant sans faiblesse face aux auteurs du drame de  Demba Diop .  La sortie des chefs traditionnels du  village de Ouakam qui s’opposent déjà sans le dire à toute action judiciaire ne participe ni ne milite  en faveur de la manifestation de la vérité  ou à une enquête impartiale déjà que les coupables sont à chercher du côté des supporteurs de l’équipe de l’Uso.  Il nous faut aborder ce problème avec prudence pour ne pas cultiver la haine ou raviver  des blessures qui sont encore fraiches. Mbourois et Oukamois étant de la même famille des Lebous. Et à Ouakam comme  à Mbour, le brassage ethnique y est réel. Rien ne sert alors de tenter  de diviser le pays en Ouakamois et Mbourois.

A moins d’une semaine des Législatives du 30 juillet et après deux semaines de campagne électorale,  les signaux que présente le pays ne rassurent guère.  La violence que l’on craignait rythme le quotidien de cette chasse aux voix avec la présence de machettes et d’armes à feu que l’on brandisse plutôt que l’argument des idées. Le temps de cette campagne, le Sénégal semble être réparti en 47 morceaux. Ce qui nous unie étant beaucoup plus important que ce qui nous désunie ou pourrait nous désunir. Le pays présentant  l’image d’un territoire en guerre civile. Plutôt que de bander les muscles et d’y aller dans les menaces, l’Etat doit dépassionner le débat tout en  restant  ferme dans la défense des libertés et la sécurité du pays.  L’appel  au rassemblement de Me Abdoulaye Wade  pour le retrait des cartes d’électeur, devrait aussi être traité avec moins de passion et plus d’intelligence. Rien ne vaut la paix, et  ces élections ne devraient point écorcher la bonne tradition de Teranga qui fait  le charme de ce pays. Aux uns et aux autres, notre appel est de ne point brûler le Sénégal pour des personnes aux intérêts égoïstes et dont on pourrait  douter de leur patriotisme.

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