SÉNÉGALAISERIES

SÉNÉGALAISERIES

Personne n’en parlera, c’est un épiphénomène. Ils diront qu’il y a plus urgent que ces paperasses. Les archives photographiques de la Présidence seraient en état de détérioration très avancée. Il s’agit là d’une page de notre histoire politique qui risque de partir en fumée ou, en tout cas, qui pourrait ne plus servir à grand-chose pour les générations futures. Elle serait donc juste bonne pour la poubelle. On exagère ! On a beau interpeller la France afin qu’elle nous transfère nos trésors volés et qu’elle garde jalousement, mais à l’évidence, il serait mieux qu’elle ne nous les rende pas. Ils sont mieux là où ils sont. Bien conservés et souvent restaurés. Bref, ils y sont entretenus, bien pouponnés et à chaque période on leur donne un coup de jeune. D’ailleurs, les restaurateurs d’œuvres d’art ne courent pas nos rues. D’ailleurs, cette restauration, c’est le cadet de nos soucis sous nos tropiques où l’Art ne serait qu’accessoire pour ceux qui nous dirigent. Au delà des archives photographiques de la Présidence, le patrimoine artistique du Sénégal composé d’œuvres d’art et ventilé dans les différents ministères et autres directions étatiques, serait dans un état plus alarmant que les clichés du palais de l’avenue Léopold Sédar Senghor. Tout cela résume le peu de cas que nous nous faisons du bien public et de l’intérêt que nous avons pour notre patrimoine dont la journée est toujours célébrée sans conviction. Et ce sont-là que quelques-unes de nos «sénégalaiseries». Malheureusement.

Kaccoor Bi (La Tribune)

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