DRAME DES PARCELLES ASSAINIES: L’ainée retrouvée le téléphone à l’oreille tentant d’appeler sa mère

DRAME DES PARCELLES ASSAINIES:  L’ainée retrouvée le téléphone à l’oreille tentant d’appeler sa mère

L’ainée retrouvée le téléphone à l’oreille tentant d’appeler sa mère

 

Les cinq enfants victimes de cet incendie ont passé des derniers instants plus que douloureux. Surpris par la fumée pendant leur sommeil, les enfants Diaz se sont battus jusqu’à la mort, afin de se libérer de cette emprise criminelle. Des témoignages décrivent ainsi des scènes atroces. En fait, les enfants ont été trouvés dans des positions qui prouvent qu’en plus de souffrir pendant leurs derniers instants, ils ont lutté avec les moyens du bord. L’ainée, Astou Diaz, avait tenté de joindre des gens au téléphone pour les sortir de cette chambre. Elle a appelé sa mère en dernier pour qu’elle vienne les extirper de cette posture. D’ailleurs, elle est morte le téléphone collé à l’oreille, voulant parler à sa mère qui partait en voyage pour lui trouver un extrait de naissance pour l’examen du Bfem.

La mère des défunts au Baol lors du drame

 

Ce n’est pas seulement le père Diaz qui était absent au moment où ses 5 enfants mourraient. Si lui, est actuellement retenu contre son gré à la Maison d’arrêt de Thiès, pour un délit lié à la drogue, leur mère qui, selon ses proches, assure seule la charge de la famille, était en voyage lors du drame. Elle était partie au village de Thiep, chercher un extrait de naissance pour sa fille aînée qui devait se présenter à l’examen du Bfem. Elle a vite fait de rebrousser chemin, informée de la tragédie qui venait de la frapper. Sous le choc, elle a été évacuée au domicile de l’imam du quartier.

Les cinq dépouilles à Dantec pour autopsie

 

Avant-hier, ils s’endormaient avec l’espoir de se réveiller le lendemain pour aller à l’école. Chose qu’ils n’auront plus la possibilité de faire. Les corps des cinq Diaz ont été acheminés à l’hôpital Aristode Le Dantec. Déposés dans les tiroirs de la morgue, pour les besoins de l’autopsie, après laquelle ils ne seront  leurs inhumation.

NDÈYE DIÈYE, TANTE DES 5 ENFANTS DÉCÉDÉS DANS L’INCENDIE

«Leur maman leur vouait un amour viscéral, je me demande si elle pourra surmonter cette épreuve»

 

Par la faute d’un grand-père inconscient (ivre au moment des faits), 5 enfants d’une même famille sont morts, asphyxiés par la fumée de l’incendie qui s’est déclaré dans la chambre adossée à la leur. Leur père emprisonné à Thiès, leur maman se démenait pour subvenir à leurs besoins, laissant souvent sa sœur veiller sur les enfants. Réticente au départ, la tante des enfants, Ndèye Dièye, a finalement consenti à témoigner.

«Au moment de l’incendie survenu hier vers 7 heures du matin, leur mère était en partance pour le Baol, pour se faire délivrer des États-civils, au profit de sa fille aînée qui devait impérativement disposer de ces documents pour subir cette année l’examen du Bfem. Ma sœur tenait à faire ce déplacement, parce que pour l’avenir de ses enfants, elle ne badine pas. C’est alors qu’elle s’apprêtait à embarquer dans un véhicule (au garage), qu’elle a été informée du drame. Elle a rebroussé chemin. Les enfants ont été arrachés à notre affection du fait de la négligence et de l’insouciance d’une personne insouciante. J’éprouve une grande peine pour ma sœur. Elle leur vouait un amour viscéral tel que, je me demande si elle pourra surmonter cette épreuve. C’est pour que ses enfants ne manquent de rien, qu’elle s’adonne à la vente de friperie. Ses enfants étaient sa raison d’être. Elle s’occupait d’eux d’une manière tellement méticuleuse qu’il m’arrivait de lui faire des remontrances pour qu’elle pense, un tant soit peu, à sa propre personne. Lorsque ma sœur est prise par ses activités commerciales, elle me confiait les enfants. Hier, (Nuit du mardi au mercredi), ils (les enfants) étaient tous réunis dans ma chambre. C’est Bébé Ndèye qui m’a acheté à manger. Le cadet, Gorgui, n’arrêtait pas de taquiner sa sœur en lui disant qu’elle a un nez aplati. Pour calmer sa sœur, je lui ai répondu que tous les membres de la famille Diaz ont des nez qui se ressemblent. A l’image de la majeure partie des membres de notre famille, les enfants étaient asthmatiques. La même nuit, alors que je prenais mes médicaments, Astou m’a reproché, sur un ton taquin, que c’est moi qui lui ai transmis la maladie. La fille aînée m’avait faite la promesse ferme qu’à l’occasion de la prochaine Fête des mères, elle achètera une natte de prière, un chapelet et un voile à sa mère», a confié Ndèye Dièye, tante des enfants décédés dans l’incendie.

L’Obs

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