CROISSANCE ÉCONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE: L’Uemoa et le Sénégal au-dessus du lot, selon le FMI

CROISSANCE ÉCONOMIQUE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE:  L’Uemoa et le Sénégal au-dessus du lot, selon le FMI

La croissance de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) et celle du Sénégal se portent bien, selon Fonds monétaire international (FMI) qui présentait hier le rapport sur les perspectives économiques en Afrique

Le rythme de la croissance est resté hésitant en Afrique en 2016. Mais l’Uemoa et le Sénégal semblent échapper à ce ralentissement. C’est du moins l’avis du Fonds monétaire international. L’institution financière, qui présentait son rapport sur les perspectives économiques en Afrique, estime que l’espace sous-régional et notre pays ont réalisé des taux de croissance supérieurs à la moyenne. En effet selon Boileau Loko, le représentant-résident du FMI au Sénégal, notre pays affiche une croissance rapide avec un taux de plus de 6%. Seulement, l’inquiétude selon M. Loko réside dans le fait que cette croissance est financée par l’investissement public qui, d’après lui, a des limites. S’agissant toujours du Sénégal, «l’ambassadeur» du FMI soutient que les perspectives sont bonnes mais que des risques baissiers sont à craindre. Ces risques sont liés à une détérioration des termes de l’échange mais aussi à un durcissement des conditions financières mondiales. Sur le plan interne, les risque peuvent être, de l’avis du FMI, d’un délai d’assainissement budgétaire et de mise en œuvre des réformes pour améliorer l’efficacité de l’investissement pour promouvoir le privé.

Ce rapport sur les perspectives économiques sur le continent décèle ainsi un ralentissement de la croissance en Afrique subsaharienne avec un taux de croissance de 1,5% en 2016. La plus faible performance économique depuis une vingtaine d’années. Pour 2017, un modeste rebond est attendu avec un taux de 2,5% prévu. Cette petite amélioration est expliquée par le FMI par le redressement de la production pétrolière au Nigeria, la hausse des dépenses publiques à l’approche des élections en Angola et la diminution progressive des effets de la sécheresse en Afrique du Sud, ainsi qu’à une légère amélioration de leurs termes de l’échange. En outre, le FMI souligne que ce chiffre global masque une hétérogénéité considérable entre pays, car dans certaines nations d’Afrique de l’Ouest et de l’Est, des taux de croissance de 5 et 7,5% sont prévus. Néanmoins, la dynamique régionale reste dans l’ensemble faible et à ce rythme, s’inquiète le Fonds, les taux de croissance de l’Afrique subsaharienne vont continuer à se situer très en dessous des tendances qui prévalaient il y a encore quelques années et tout juste au-dessous des taux de croissance démographique.

Le Fonds monétaire international s’est aussi intéressé à l’économie informelle en Afrique subsaharienne. D’après l’institution de Breton Woods, le secteur informel est une composante essentielle de la plupart des pays de la région, où elle représente entre 25% et 65% du PIB et entre 30 et 90% de l’emploi non agricole. Selon le rapport, il ressort de l’expérience internationale que le secteur informel devrait conserver une grande importance en Afrique subsaharienne pendant encore des années. Ce qui serait à la fois une chance et un défi pour les responsables des politiques publiques. Pour ce qui est de la dette publique, le Fonds note un accroissement qui devient préoccupant. En effet, le ratio dette publique/PIB au niveau régional a augmenté de près de 10 points de pourcentage depuis 2014, passant en moyenne à 42% du PIB en 2016. Soit la valeur la plus élevée depuis que de nombreux pays ont bénéficié de remise de dette dans la première décennie des années 2000, au titre des initiatives en faveur des pays pauvres très endettés et d’allègement de la dette multilatérale.

( source Le Témoin)

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