PARADOXE

PARADOXE

Le Sénégal est assurément un pays bien spécial avec des citoyens tout aussi spéciaux. Pendant plus d’un mois dans les réseaux sociaux, grands places, salles de rédaction et autres bureaux et officines, ça ne discutait que de la présidentielle française avec de fougueux supporters dignes des hooligans. Même le Président du groupe parlementaire de la majorité a cru devoir se prononcer sur cette échéance. De voir les Sénégalais dépenser tant d’énergie et de salives pour une élection qui ne les concerne pas, constitue à bien des égards un paradoxe. C’est vrai qu’on en est arrivé à ne plus s’indigner quand l’ambassadeur de la France dans notre pays se prononce sur nos questions domestiques. Ce que bien sûr notre représentant à Paname n’oserait même pas. D’ailleurs, aucun journaliste Français ne se hasarderait à lui demander de se prononcer sur des questions françaises. Une fâcheuse habitude de certains de nos confrères qui pensent avoir un scoop quand ils s’en vont tranquillement tendre le micro à un représentant étranger pour qu’il dise ses bêtises sur notre politique intérieure.

Plus de cinquante ans après notre indépendance, nous voilà encore à frémir d’une élection française. Comme si des citoyens français se fichaient de nos consultations électorales qui n’intéressent que leur gouvernement histoire de voir comment tenir par la barbichette notre président élu. Comme c’est le cas  actuellement et dans presque tous les pays d’Afrique francophone. Des compatriotes ont même poussé un «ouf» de soulagement après l’élection de Macron face à une Marine Le Pen qui promettait l’enfer aux immigrés. Il nous faut nous départir de ce complexe et nous foutre de celui qui sera le Président français. Notre développement se fera par nous-mêmes. Macron-Pen, c’est du pareil au même. Surtout concernant les Nègres d’Afrique.

Kaccoor Bi ( Le Témoin )

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