Présidentielle: quelle stratégie pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen?

Présidentielle: quelle stratégie pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen?

Marine Le Pen et Emmanuel Macron sont qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle française. JEFF PACHOUD / AFP

Le second tour de l’élection présidentielle française opposera donc Emmanuel Macron à Marine Le Pen le 7 mai. Deux semaines que les deux candidats comptent mettre à profit pour imposer leurs idées.

Le débat de l’entre-deux-tours aura bien lieu. Emmanuel Macron l’a fait savoir par l’intermédiaire de ce jeudi. Les deux candidats à l’élection présidentielle se retrouveront donc face à face à la télévision le 3 mai, quatre jours avant le second tour. Le candidat d’En Marche! se distingue ainsi de Jacques Chirac qui, en 2002 lorsque le Front national avait accédé au second tour de la présidentielle pour la première fois de l’histoire de la Ve République, avait refusé tout débat avec Jean-Marie Le Pen.

Ce débat sera le point culminant de cette campagne d’entre-deux-tours où chacun entend démonter le programme de l’autre. Emmanuel Macron compte ainsi jeter toutes ses forces dans la bataille pour « combattre Marine Le Pen en frontal » et « dégonfler la baudruche Front national ». Le candidat d’En Marche! va donc tenter de défaire chacun des arguments de son adversaire sur l’économie, les valeurs, l’Europe, les trois principaux sujets de contradiction entre les deux candidats.

Le FN fait feu de tout bois

Du côté du Front national, Marine Le Pen et ses soutiens font feu de tout bois depuis hier soir contre Emmanuel Macron. D’abord sur l’économie, en le dépeignant comme un ultra-libéral, partisan d’une mondialisation sauvage. Un argumentaire destiné à séduire les électeurs de gauche, et en particulier ceux de Jean-Luc Mélenchon.

La candidate d’extrême droite ne veut voir en son adversaire qu’un défenseur acharné de l’Union européenne. Tout sauf un patriote. Elle en veut pour preuve sa déclaration au sujet de l’Algérie française, accusée de crime contre l’humanité, ou encore sa petite phrase lâchée à Lyon en février dernier sur l’absence de culture française. L’objectif est là de récupérer les voix des électeurs de droite attachés à la nation, que Marine Le Pen va tenter de convaincre en ciblant le candidat d’En Marche! sur ses propositions en matière d’immigration et de sécurité. Elle a déjà décoché sa première flèche en le qualifiant de « faiblard » sur la question du terrorisme islamiste.

Le Pen se met « en congé » de la présidence du FN

Les deux candidats vont également battre le terrain. Marine Le Pen a commencé dès ce lundi en se rendant dans le Nord puis en Picardie. Elle a prévu de se rendre à Nice, ainsi qu’à Villepinte à l’occasion du 1er mai.

D’ici là, la candidate du Front national a annoncé qu’elle se mettait « en congé » de la présidence du parti d’extrême droite, afin de « rassembler autour de (son) projet ». « Il m’est apparu indispensable de me mettre en congé de la présidence du FN, a-t-elle déclaré sur le plateau de France 2. Ce soir, je ne suis plus la présidente du FN, je suis la candidate à la présidentielle, celle qui souhaite rassembler autour du projet d’espoir, de prospérité, de sécurité, l’ensemble des Français. »

De son côté, après avoir entamé des « négociations politiques » afin de former une majorité, Emmanuel Macron doit quant à lui tenir des meetings mercredi 26, vendredi 28 et lundi 1er mai, en essayant de se rendre là où il n’a pas pu se rendre avant le premier tour, et dans cette France des oubliés où Marine Le Pen séduit les électeurs. Il a ainsi promis d’aller rencontrer les employés de Whirlpool à Amiens, dont l’usine est menacée de fermeture.

Si les sondages placent le candidat d’En Marche! largement en tête du second tour, avec 62 % des voix contre 38 % pour Marine Le Pen, il n’est pas improbable que ces chiffres se resserrent.

Par RFI

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