SARABANDE

SARABANDE

L’ennui au Sénégal, c’est que la politique rythme notre quotidien. Ç’aurait été une excellente chose si ceux qui la pratiquent distillaient de belles et lumineuses sentences dans leurs propos ou posaient des actes qui participent à façonner une certaine citoyenneté. Mais rien de tout cela ! Et encore… La presse, qui aurait dû aider à relever le débat, participe elle aussi à cette querelle de bornes-fontaines. Les germes d’une violence qui va aller crescendo sont posés de façon insidieuse par le pouvoir en place avec ce que l’on peut qualifier de chasse aux… opposants. Des messieurs sont déjà condamnés par ceux qui sont dans le camp du pouvoir sans que la justice ne se soit prononcée sur leur cas. C’est affligeant d’entendre un ministre de la République, qui a sous sa tutelle les Collectivités locales, traiter un prévenu bénéficiant de la présomption d’innocence d’escroc financier. Ah, le gros mot ! Et il n’est pas le seul à émettre sur un sujet qui est en phase d’enquête. A moins qu’ils soient dans le secret du juge et sachent déjà l’issue que va donner cette sarabande politique. D’un autre côté, des partisans d’un ministre décident de se faire justice face à ce qu’ils considèrent comme une provocation. Bien sûr, il ne leur arrivera rien. Les fautifs sont toujours de l’autre côté et il faut les exterminer. Après Khaf, un autre feuilleton judiciaire va s’installer et occuper nos périodiques avec l’affaire Abdoul Mbaye qui se trouve de façon extraordinaire au banc des accusés pour un différend aussi anodin qu’un… divorce. Et vous doutez toujours que ce pays marche sur la tête?

Kaccoor Bi (Le Témoin)

Categories: CHRONIQUE

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