ASSISES DE L’ENTREPRISE Les vérités de Baïdy Agne au Gouvernement

ASSISES DE L’ENTREPRISE Les vérités de Baïdy Agne au Gouvernement

Dans le cadre de son plan de communication pour un dialogue avec l’ensemble des acteurs, le Conseil national du patronat tient depuis hier les Assises nationales de l’entreprise. Mais, comme les années passées, Baïdy Agne n’a pas mis de gants pour cracher ses vérités.

Entre l’Etat et le patronat, les choses ne vont pas dans le meilleur des mondes. Derrière le calme apparent, ce sont des problèmes à n’en plus finir et Baïdy Agne ne s’est pas d’ailleurs gêné pour le faire savoir, hier, à l’ouverture des Assises de l’entreprise pour l’année 2017. Il affirme, en effet, devant le Premier ministre venu présider la rencontre qu’il y a dans l’histoire humaine, des moments de grandes ruptures. «La mondialisation heureuse, le monde de l’entreprise n’y croit pas», assène-t-il.
La preuve, Baïdy Agne de dire que c’est vrai qu’il est bon de se retrouver pour apprécier la contribution substantielle de l’entreprise à notre économie, au budget de l’Etat, aux performances des administrations fiscales et douanières, au pouvoir d’achat des travailleurs et à la solidarité nationale. Il est aussi bon de se retrouver pour présenter à l’Etat, leurs préoccupations majeures sur l’environnement des entreprises et les réformes souhaitées. Mais, fait savoir avec force Baidy Agne : «la voix que porte le Cnp est celle qui plaide toujours pour que l’entreprise soit entendue, mieux comprise et davantage soutenue».
Décidé à cracher ses vérités aux gouvernants, le patron des patrons leur dit en face que la solidarité et la complicité dite implicite ne s’écrivent pas dans les lois, les décrets et les circulaires. Pour lui, ils doivent se pratiquer dans nos relations contractuelles public-privé, sous silence et avec efficacité».

Haro sur la pression fiscale

 

Et Baïdy Agne de se faire plus précis dans son discours : «M. le Premier ministre, 2016 a été une bonne année de croissance économique et de belles perspectives s’annoncent pour cette année 2017. Ces propos n’émanent pas de moi. C’est l’interprétation qui découle des prévisions officielles du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan. Que nous dit-on à ce propos d’ailleurs ? Que tous les clignotants de notre économie sont au vert. 6,6% de croissance économique en 2016 et des prévisions à 6,8% pour 2017. C’est juste si le ministre des Finances ne dit pas d’ailleurs qu’en décembre 2017, c’est 7%…». Ce tableau de bord de notre économie, raille le patron du Cnp, «rassure et inquiète en même temps». Il rassure, parce qu’il y aurait «une maîtrise du cadre macroéconomique et budgétaire». Ça inquiète aussi Baïdy Agne «si le fait générateur de plus de recettes fiscales, c’est cette pression fiscale déjà trop forte sur les mêmes contribuables».
Plaidant pour une faveur aux entreprises, le patron du CNP demande à l’administration fiscale, pour cette année, de faire une trêve de la pression fiscale pour les bons contributeurs, de permettre à ceux qui investissent de bénéficier de ce retour sur investissement. Aussi, de pouvoir jouir des dividendes acquis en toute régularité et enfin d’élargir l’assiette fiscale. Selon lui, c’est possible, en utilisant le NINEA dans les opérations douanières.

La patente : un impôt anti économie

 

Baïdy Agne est aussi revenu dans son discours sur des problèmes qui empêchent les entreprises de décoller. Et c’est pour demander au Gouvernement de lever le pied sur bien des points. En ce qui concerne la patente qu’il qualifie «d’impôt anti- économie, source de nombreux contentieux fiscaux qui dissuadent l’investissement privé», il pense que le Gouvernement doit trouver des moyens de remédier à cette situation. Pour lui, il faut faire disparaître cela du paysage de l’entreprise.

L’impact négatif de la Tva

 

La nouvelle contribution économique locale, selon lui, présenterait l’avantage d’être plus simple et plus équitable et facile à recouvrer. Il y va de même pour la taxe sur la valeur ajoutée. Sur ce point précis, son sentiment est qu’à ce jour, ils n’ont pas été entendus. «Et pourtant, combien de fois nous avons rappelé cet impact négatif substantiel sur les capitaux propres et les résultats financiers des entreprises.

Dette intérieure : elle reprend forme dans les Btp

 

Pour finir, la dette intérieure : c’est vrai, nous sommes bien loin de ce que nous avions connu dans le passé. Cependant, elle reprend forme et dans des proportions un peu inquiétantes dans le secteur du Btp. A défaut d’un règlement de la totalité échue, une seule fois, proposez-nous, si possible des échéances de paiement des arriérés», dit-il au Gouvernement.

Mohammed Dionne : « J’ai été et je reste un militant de l’entreprise»
Le chef du Gouvernement qui a procédé à l’ouverture de ces rencontres annuelles du monde de l’entreprise au Sénégal, dit avoir pris bonne note et pense que le ministre de l’Economie et des Finances, à qui l’essentiel des griefs était destiné, a aussi pris bonne note. «J’ai été et je reste un militant de l’entreprise. Ce que nous cherchons, c’est un partenariat plus renforcé et tout ce que vous avez dit ici est important. Nous, notre domaine, c’est la théorie, c’est vous qui pratiquez. Nous avons entendu votre message et je vous assure ici que le Gouvernement n’a d’autre alternative que de vous accompagner. La distribution était jusque-là un monopole, elle va être plus libre. Nous sommes en train de voir comment rendre tout cela plus flexible. Les décrets de cette loi sont en cours de finalisation», tente de rassurer le chef du Gouvernement.

 

( source Les Echos)

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