CRÉTINISME

CRÉTINISME

Il y a un air de crétinisme qui souffle dans ce pays. Et l’on se demande même si ceux qui nous gouvernent se préoccupent de notre bonne santé. Ainsi donc, l’appareil de radiothérapie, dont la panne est sur toutes les lèvres, constituait un danger pour les malades et le personnel de l’institut du cancer de l’hôpital Aristide Le Dantec. Et vous pensez que le Gouvernement ignorait cet aspect lorsque notre Président à nous tous créait des institutions budgétivores et inutiles? Bien sûr que non. Mais dès lors que ce sont des pauvres qui y allaient pour mourir tant pis pour eux. Personne ne savait ce qui se passait dans ce mouroir, le boss de l’hôpital ayant averti qui de droit -l’Etat- qui trainait les pieds. Et voilà que le ministre des Finances, l’argentier de l’Etat, Amadou Bâ, qui s’endette,  s’endette -mais sans faire comme Wade, c’est lui qui fait la précision-, nous balance que c’est… la Banque arabe pour le développement de l’Afrique (Badea) qui devait aider à l’achat de l’appareil. Et il avait croisé sagement les bras à attendre ce financement qui n’arrivait pas. Quant aux députés qui sont censés nous représenter, il a fallu que de bonnes dames alertent l’opinion pour qu’ils fassent savoir qu’ils vont s’enquérir de la situation à Le Dantec et que le Président Sall donne des instructions fermes pour l’achat d’un autre appareil. Vraiment, nous sommes mal barrés. Dire pourtant qu’on est allé jouer les Samba Linguère en finançant les droits de retransmission télé de la Can pour le compte de la Guinée-Bissau ! Alors que nous n’avons même pas de quoi soigner nos malades du cancer ! Et le comble du crétinisme a été quand l’argentier de l’Etat répond de façon péremptoire à ceux qui doutent de notre belle croissance ceci: «Sans croissance, est-ce qu’on pourrait manger? On ne mangerait pas à sa faim…» Comme si on mange à notre faim ! Mais peut-être qu’il parle pour lui-même et tous ceux qui gravitent autour de l’appareil d’Etat. Il tiendrait de tels propos dans la banlieue, qu’il se ferait lyncher à mort.

Kaccoor Bi (Le Témoin)

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