Réplique cinglante de Cheikh Diop à Mody Guiro : «Je ne suis pas de ceux qui dissimulent leur passé de militant pour se réclamer urbi et orbi qu’ils ne sont pas politiques»

Réplique cinglante de Cheikh Diop à Mody Guiro : «Je ne suis pas de ceux qui dissimulent leur passé de militant pour se réclamer urbi et orbi qu’ils ne sont pas politiques»

C’est une réponse du berger à la bergère. Cheikh Diop, Secrétaire général de la Cnts/Fc, n’a pas attendu longtemps pour apporter une réplique cinglante à Mody Guiro, Secrétaire général de la Cnts, qui l’accuse d’avoir été instrumentalisé, à l’époque, par le Parti démocratique sénégalais (Pds) dans l’affaire de la Bourse du travail, où il y a eu mort d’homme.

Cheikh Diop, Secrétaire général de la Cnts/Fc, a balancé hier un communiqué cinglant pour cracher ses vérités à Mody Guiro, Secrétaire général de la Cnts. Il tient à remettre à sa place M. Guiro, qui dans la presse, l’avait accusé d’avoir été instrumentalisé par le Parti démocratique sénégalais dans l’affaire de la Bourse du travail, où il y avait eu mort d’homme. «Mody Guiro a abordé les derniers événements de 2002 de la Bourse du travail avec mort d’homme, pour d’une manière insidieuse, nous en imputer la responsabilité. Or, sauf révisionnisme de sa part, puisque sa mémoire lui joue des tours,  il a sciemment omis la sanglante répression des camarades du Froludes, avec la mort, dans la Bourse, du camarade Daouda Ngom, la mort de la secrétaire générale du syndicat du bâtiment lors d’un défilé du 1er mai, les sanglants événements de Richard Toll… C’est dire que des luttes de tendances à la Cnts dont il est le Sg, ont toujours été maculées de sang. La seule différence avec les événements de 2002, c’est qu’il y a eu procès, alors que les autres ont été couverts et camouflés par la participation responsable», rappelle-t-il. Cheikh Diop dit assumer pleinement son passé de militant politique et syndical. Ce, pour avoir été membre fondateur de trois partis politiques et d’une centrale syndicale (Cnts/Fc). «Je suis membre fondateur du Rnd du Pr Cheikh Anta DIOP, du Plp de Me Babacar Niang et de la Cds, avec mon ami Abdou Fall, avant de fusionner cette formation avec le Pds en 1997. J’ai cessé de militer dans un parti politique en 2010 avec le Pds, que j’ai quitté pour des actes d’ingérence dans le fonctionnement de la Cnts/Fc, surtout pour des actes de déstabilisation de la Centrale», précise-t-il. A Mody Guiro, avise-t-il, «je ne suis pas de ceux-là qui dissimulent leur passé de militant pour dire urbi et orbi qu’ils ne sont pas politiques et qu’ils sont exclusivement syndicalistes convaincus. Peut-être qu’ils ont quelque chose à cacher». Cheikh Diop souligne que les Sénégalais ne sont pas amnésiques. Car ils savent que la Cnts de Guiro, créée par le Ps en 1969, fut la première centrale syndicale mise en place par un parti politique, qui le considérait comme partie intégrante de la formation politique, soumise aux mêmes conditions que toutes les composantes du parti, bénéficiant pendant plus de trente ans, des faveurs et avantages du pouvoir.

«Les trous de mémoire de Guiro»

«Le camarade Mody Guiro a sans doute des trous de mémoire pour oublier qu’il a eu à bénéficier de ces faveurs. Sous Abdou Diouf, il a siégé au Senat grâce à «la participation responsable. Il fait allusion à mon appartenance au Pds. Soit et sans fards. Pourtant, ce qu’il a obtenu à force de compromissions avec le régime de Me  Wade, aucun autre syndicaliste ne l’a eu», dit-il. Cheikh Diop d’indiquer : «Si la centrale dirigée par Mody Guiro ne peut évoluer en dehors de la sphère du pouvoir, quel que soit le régime en place, qu’elle finit toujours par approcher avant de se compromettre, la Cnts/Fc, en revanche, ne peut s’accommoder avec l’ingérence d’un groupe de pression, même si elle reconnaît à ses dirigeants le droit d’exercer leurs convictions politiques en dehors de leurs activités syndicales». A propos de  la dispersion des forces syndicales que dénonce Guiro, souligne Cheikh Diop : «Cela incombe particulièrement à  Mody Guiro, arrivé en tête aux dernières élections de représentativité syndicale.  Il est évident que le mouvement syndical souffre plus d’un manque de leadership assumé et partagé qu’autre chose. Le camarade Mody Guiro à qui les dernières élections de représentativité ont dévolu ce rôle, ne l’assume guère, il a été totalement absent du terrain de la lutte syndicale». Il révèle que la mission de la Cnts/Fc aujourd’hui, c’est d’asseoir le leadership syndical aux élections de mai prochain.

MATHIEU BACALY ( L’OBS )

 

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