Débat : Nouvelle réponse d’ Abdou Aziz Diop au quotidien ‘’La Tribune’’

Débat : Nouvelle réponse d’ Abdou Aziz Diop au quotidien ‘’La Tribune’’

La Tribune naïve et parano

La Tribune fait-elle preuve d’humilité en prétendant connaître mieux que n’importe lequel de nos concitoyens les personnes sur lesquelles elle écrit ? Faites-vous preuve d’humilité, messieurs les journalistes de la Tribune, en prétendant pouvoir réduire le vrai parcours et la vraie histoire des citoyens sur lesquels vous pensez pouvoir écrire à deux potins ? Bien sûr que non ! En pensant pouvoir tout écrire sur les gens, La Tribune déconseille à ses lecteurs toute référence utile à l’humilité. Mais les lecteurs du quotidien se sont pas dupes. Ils savent que le commentaire sur une valeur ne suffit pas à la promouvoir. Dans une République, la promotion des valeurs passe par la récompense de celles et de ceux qui les incarnent dans leurs rapports au public. Dans son rapport au public, La Tribune, parce qu’elle veut vendre, sans soigner sa marchandise, foule aux pieds l’humilité qui suppose avant tout une bonne connaissance des sujets traités dans les colonnes du journal. J’atteste, pour ma part, avoir soutenu un mémoire de Diplôme d’études approfondies (DEA) en science politique sur l’ « Analyse de contenu du discours politique » avant d’entreprendre une longue recherche de niveau doctoral sur l’analyse des textes politiques majeurs par le lexique. On ne manque pas d’humilité quand on publie son CV. On en manque quand on se dit, tel un journaliste de La Tribune, « vigie de la démocratie » sans en payer le prix politique.

 

Parlons-en, la démocratie ! La Tribune à raison quand elle écrit que « la contradiction nourrit la démocratie ». Pourquoi donc le journal trouve antidémocratique ma réponse à ses bribes injurieuses du 6 janvier 2017 ? J’aurais contribué à faire accepter au public la friperie d’El Hassane Sall et de Félix Nzalé de La Tribune si je me taisais. L’idée que la démocratie est l’affaire des autres est stupéfiante. Et je trouve particulièrement naïve la conception de La Tribune qui s’attend à ce qu’une critique, même infondée, ne fasse l’objet d’aucun examen critique en démocratie.

 

Quid du « parvenu » ? Le « parvenu » a cette particularité de n’avoir contribué à la chute d’aucun régime odieux. La Tribune considère qu’après la tempête (victorieuse), le faiseur d’histoire n’a d’autre choix que de provoquer d’autres tempêtes pour qu’on ne dise pas de lui qu’il est un « parvenu ». Mais à quoi est parvenu un journal qui considère qu’un bon éditorial ne contribue pas au réveil de l’Histoire ? A rien ! Incompétente dans la production d’éditoriaux qui font autorité, La Tribune me somme de refaire ma propre histoire pour mériter le titre (pompeux) de « vigie de la démocratie ». Cette attitude est bien celle de la nouvelle parvenue des médias. Son nom ? La Tribune ! Naïve et parano.

 

Abdoul Aziz DIOP

Conseiller spécial à la Présidence de la République

Categories: OPINION

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