YOUSSOU NDOUR REVELE LES SECRETS DE SA SUCCESS-STORY

YOUSSOU NDOUR REVELE LES SECRETS DE SA SUCCESS-STORY

Youssou Ndour révèle les secrets de sa success-story aux étudiants de Dakar.
Devant un public acquis à sa cause, la star planétaire a servi un cours particulier aux étudiants présents à la salle de conférence de l’Ucad 2. Les thèmes abordés ont surtout concerné l’apprentissage de l’école de la vie…

L’ambiance joviale qui sied dans la salle de conférence de l’Ucad 2, en ce mercredi soir, n’est pas fortuite. Tout le monde se trouve beau. Ça sourit ! Ça discute, sous les savoureuses mélodies de la chanson d’amour «I love you» de Youssou Ndour. Halima et Amina immortalisent l’instant. Quelques selfies par là. Des éclats de rires que n’arrivent pas à cacher les «meulfeus (voiles)» des deux étudiantes mauritaniennes. Leur enthousiasme, comme celui qui se lit sur le visage de tous les étudiants présents sur place, n’est pas étranger au conférencier du jour. Tous, ne comptaient point rater la conférence-débat entre Youssou Ndour, quelques professeurs et les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop, sur le thème : Vivre, réussir en Afrique et compter dans le monde. «Nous sommes des fans de Youssou Ndour. Quand j’ai eu connaissance de sa venue pour parler aux étudiants, je n’ai pu m’empêcher de venir. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut échanger avec une star pareille», s’exclame Halima d’une voix passionnée. Dans le ballet des discussions des étudiants issus de l’Ucad et de quelques instituts privés, l’applaudimètre prend, d’un coup, un pic. L’apparition de la star planétaire crée une hystérie dans la salle de conférence. Dans un boubou traditionnel blanc, une paire de lunette sur le visage, Youssou Ndour salue l’assistance, ainsi que ses collègues panélistes du jour.

Lux mea lex (La lumière est ma loi)

Comme un symbole, ces paroles qui surplombent sa tête (dû au positionnement de la chaise sur laquelle il est assis) illustrent cette lumière que Youssou Ndour est venu transmettre à la jeunesse de son pays. Celle de l’expérience d’un modèle à ses aspirants. D’une idole à ses fans. D’une success-story à ses successeurs. Avec comme seul motif, un devoir de restitution. «Je suis venu commencer une première à Dakar, pour sillonner l’Afrique et parler aux jeunes dans les universités. Je viens vous dire que c’est possible d’être qui vous voulez», souligne-t-il. Et pour cela, nul besoin d’insister sur l’histoire d’un jeune originaire d’un village près de Khombole ayant chanté l’hymne de la Coupe du monde France 98. Le PCA du Groupe futurs médias a préféré présenter aux jeunes des modèles historiques et présents, allant de Cheikh Anta Diop au nouveau footballeur de Liverpool, Sadio Mané, en passant par Batling Siki, le champion de boxe originaire de Saint-Louis. «Vous avez réussi votre défi académique, mais la vraie école est celle de la vie», a averti Youssou Ndour. Non sans offrir en exemple son parcours fondé sur quelques principes qui ont fait son succès.

«Diom», vision, passion, écoute, humilité et action

Abdoul Sow, Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences humaines, prend la parole : «Youssou Ndour est un homme qui s’est construit à partir de sa vision, de sa foi en une réussite dans son pays. Il est resté africain et a réussi en Afrique.» L’illustration de ces paroles s’est retrouvée dans l’exposé que le roi du Mbalakh a présenté à son audience studieusement attentionnée. Six feuilles de papier ont porté ses leçons de vie. Chacune d’elle portait l’une des inscriptions suivantes : Diom, Vision, Passion, Ecoute, Humilité et Action. L’abnégation est le meilleur moyen d’atteindre ses objectifs, lorsqu’elle accompagne une vision bien établie. Il faut ensuite aimer ce que l’on fait et avoir la bonne capacité d’écoute. L’humilité est une marque de grandeur. Le plus important reste le passage à l’acte. Telle est la suite logique qui a fait de Youssou Ndour un homme d’exception. Un talent immense qui a porté le nom du Sénégal dans le monde entier. Docteur Honoris Causa de l’Université de Yales, disques d’or, Grammy Awards et l’une des cent personnalités les plus influentes dans le monde, selon le magazine américain, Times.

10% d’inspiration, 90% de transpiration

Quand la rapporteuse, Astou Mbène Thioub, révèle que Youssou Ndour résume sa vie en «10% d’inspiration et 90% de transpiration», l’intéressé reprend que l’argent n’est que la conséquence du succès et de la réussite. Il révèle, par la suite, quelques points de son dur apprentissage de la musique : «Lorsqu’en 1986, j’ai fait la première partie d’une tournée de 100 dates de Peter Gabriel, je suis revenu à Dakar avec des difficultés pour payer mes musiciens.» Une autre manière de dire que lui aussi a connu des périodes difficiles et que dans la vie, rien n’est facile.

Lamine Diouf (L’Obs)

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