VIOLENCE URBAINE, LA NATION BLESSÉE !

VIOLENCE URBAINE, LA NATION BLESSÉE !

Nous savons Me Elhadji Diouf, le célèbre avocat ,  très porté vers le show et les effets de manches. Mais quand ce dernier, habitué aux sorties quasi burlesques et aux dithyrambes, va jusqu’à demander, avec un air sérieux et solennel,  le rétablissement de la peine de mort, c’est qu’il y a problème quelque part. Oui, un ressort s’est cassé dans la chaine des valeurs qui cimentait notre vécu quotidien dans la paix sociale.

‘’Mais enfin, c’est quoi ce qui nous arrive ?’’ Telle est la question simple que les citoyens se sont posée devant cette explosion de violence incontrôlable.

Ces temps derniers, quatre meurtres crapuleux, atroces et gratuites auront marqué la conscience des citoyens qui se demandent encore pourquoi tant de morts ? Ce qui nous préoccupe au plus haut point, c’est que les auteurs de tous ces meurtres sont, pour la plupart, sinon tous  des jeunes et leurs victimes aussi. Notre pays, connu dans un passé récent comme un havre de paix, où coexistent  la confraternité, la solidarité et la joie de vivre de ses habitants, est subitement pris d’un accès de barbarie et de criminalité  sans précédent. L’excès de violence est à son paroxysme. Nos quartiers, nos routes et nos ruelles sont devenus des coupe-gorges où l’on peut se faire braquer et se faire dépouiller devant des passants terrorisés et impuissants.

Tout récemment, à Keur Mbaye Fall, un célèbre quartier de la banlieue, des imams et des pères de familles se sont dressés sur leurs ergots et ont élevé la voix pour demander à être autorisés à porter des armes. Parce que tout simplement , ils ne pouvaient plus contenir la flambée de violence imposée par les agresseurs vivant dans leur quartier. Le leur autoriser sonnerait le glas d’une société régie par le droit et la légalité et imposerait, sans nul doute,  une justice populaire aux conséquences désastreuses dans des zones de non-droit.

Les agressions récurrentes de délinquants en scooters sont l’œuvre de jeunes qui veulent vivre dans le luxe  en empruntant la voie la facilité. Tandis que d’autres, sous l’emprise de la drogue, sont des habitués de la violence à ascendants.

Dakar est devenue une ville criminogène,  avec chaque jour son lot d’agressions mortelles. Les pages de faits divers des journaux sont quotidiennement noircies par des scènes de meurtres que l’on n’imaginerait difficilement dans notre pays.

Face à ce délitement, l’Etat, qui a le monopole de la violence légale,  doit réagir et jouer son rôle régalien qui est de protéger le citoyen et de sécuriser ses biens. Mais pour ce faire, il lui faudra la collaboration des populations, des leaders d’opinions et, plus particulièrement, des chefs de famille qui ont démissionné depuis belle lurette.

Bref, en cette période de grandes turbulences, où la peur et le sentiment d’abandon ont pris la place du sentiment  d’insécurité, il urge de procéder à une réforme de la société d’une manière apaisée mais radicale.

 

Mansour DIENG

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